Thèse
SMART-RISK (Social Media And Risk Taking in adolescents) – Réseaux sociaux et prise de risque à l’adolescence : une étude longitudinale et expérimentale des mécanismes d’influence sociale et des vulnérabilités
Les conduites à risque constituent la première cause de mortalité à l’adolescence, représentant ainsi un enjeu majeur de santé publique (UNICEF, 2021). Cette vulnérabilité s’explique notamment par une sensibilité accrue aux influences sociales à l’adolescence (Steinberg, 2008). Avec l’essor des réseaux sociaux, ces influences sociales dépassent désormais le cercle proximal de l’adolescent : les plateformes numériques exposent massivement les jeunes à des contenus valorisant des comportements à risque, souvent accompagnés d’indicateurs de popularité (likes, abonnements, partages) qui en renforcent leur attractivité et leur normalisation (Bandura, 1977 ; Sherman et al., 2016). Si l’association entre usage des réseaux sociaux et prise de risque est aujourd’hui documentée (Vannucci et al., 2020), les mécanismes causaux sous-jacents demeurent largement méconnus. Ainsi, ce projet de thèse vise ainsi à examiner les effets de l’usage des réseaux sociaux sur la propension à la prise de risque au cours de l’adolescence, à travers une approche longitudinale et expérimentale.
Cette exposition sur les réseaux sociaux soulève des interrogations quant à ses effets potentiels sur les comportements des adolescents. Cela est d’autant plus important dans un contexte où l’adolescence est une période marquée par une forte sensibilité à l’influence sociale et à la pression des pairs, deux facteurs reconnus comme favorisant la prise de risque (Gardner et Steinberg, 2005). Les réseaux sociaux pourraient ainsi constituer un environnement dans lequel les adolescents observent et reproduisent les comportements à risque de leurs pairs, conformément aux mécanismes d’apprentissage social décrits par Bandura (1977).
Dans un contexte de régulation croissante de l’usage des réseaux sociaux, plusieurs gouvernements ont employé des mesures restrictives pour les mineurs (Australie et Union européenne). Toutefois, l’efficacité de telles mesures reste incertaine. De récents travaux suggèrent que la perception du danger constitue en elle-même une motivation importante des comportements à risque des adolescents (Baker et Galván, 2020) : en effet, les adolescents s’engageant le plus dans des conduites à risque transgressives sont ceux percevant à la fois un les bénéfices qui y sont associés mais également des risques importants (Moncel et al., 2026). Ainsi, une interdiction stricte pourrait paradoxalement renforcer l’attrait des réseaux sociaux en accentuant leur dimension transgressive.
Ce travail de thèse vise dès lors à produire une connaissance indispensable pour concevoir des interventions d’éducation aux médias qui ciblent les leviers réels d’influence. L’approche différentielle de ce projet permettra également d’identifier les adolescents les plus à risque, en termes de santé mentale et de relations aux pairs, afin d’envisager des interventions plus ciblées.
Articles
Communications affichées
- Lavocat, O., Osmont, A., Raissiguier, E., Lagrange, A., Cauchard, F., & Moncel, C. (2026). Comment les médias sociaux influencent la propension au risque chez les adolescents : effets de l’exposition à des vidéos incitant à la prise de risques. 18e colloque du RISYDEVE. Toulouse.
- Osmont, A., Lavocat, O., Raissiguier, E., Lagrange, A., Cauchard, F., & Moncel, C. (2026). How social media shapes adolescents’ risk propensity: Effects of risk-taking videos exposure. EARA, Utrecht, Pays- Bas.
Enseignements
- Psychologie du développement (L1)