Le terme « d’aidants familiaux » renvoie à des individus qui apportent une aide régulière, à titre non professionnel et non rémunéré, dans les activités quotidiennes ou sur le plan émotionnel, à un proche en perte d’autonomie du fait de l’âge, d’une maladie ou d’un handicap (Blanc, 2010). Tout jeune confronté à la maladie d’un proche n’est cependant pas nécessairement aidant (Chevrier, Untas, Pasqué, et al., 2022), il le deviendra dès lors que l’aide qu’il apporte est régulière et inadaptée au regard de son âge et de sa culture (Becker, 2007). Il sera alors nommé jeune adulte aidant (JAA) en tant que jeune âgé de 18 à 25 ans qui fournit de manière régulière de l’aide, des soins, de l’assistance ou du soutien à un proche malade, handicapé ou en perte d’autonomie (Becker & Becker, 2008). La littérature s’accorde aujourd’hui pour souligner que les JAAs constituent une population sous-étudiée qu’il est temps de reconnaître, de considérer et d’accompagner (Kettell, 2020; Levine et al., 2005).

L’expérience et le vécu de l’aidance restent très variés d’un JAA à un autre (Chevrier, Lamore, Untas, et al., 2022). Toutefois, endosser un rôle d’aidant a été associé à une moins bonne santé physique et mentale, ainsi qu’une limitation des opportunités d’éducation et d’emploi (Becker & Sempik, 2019; Kettell, 2020). Dans le contexte de l’enseignement supérieur, les JAAs vont se retrouver partagés entre le désir d’être un « bon » étudiant et celui d’être un « bon » proche aidant (Kettell, 2020). Il sera plus difficile pour eux de maintenir des routines d’études, de suivre des cours et de consacrer du temps à leur formation (Day, 2019). De plus, l’aidance et les responsabilités qui y sont liées vont contraindre et limiter leurs aspirations professionnelles, notamment au regard de la proximité géographique domicile-université (Becker & Becker, 2008; Kettell, 2020).

En France, dans l’enseignement supérieur, au moins 1 étudiant sur 10 serait aidant (Chevrier, Untas, & Dorard, 2022b). Pourtant, plus de 80% des étudiants franciliens interrogés ne savent pas ce qu’est un JAA (Chevrier, Untas, & Dorard, 2022a) alors même que, suite à la stratégie de mobilisation et de soutien nationale 2019 Agir pour les aidants, les JAAs étudiants peuvent demander à disposer d’un aménagement des rythmes d’étude. Ce constat fait en région parisienne a également été mis en évidence au sein d’AMU. Ainsi, 95,10% des étudiants aidants interrogés ne connaissent pas leurs droits en tant qu’aidants (Cappellari, 2022). Les travaux de recherche transdisciplinaire sur les JAAs étudiants se multiplient en France depuis quelques années comme en témoigne l’étude CAMPUS-CARE portée par l’UPCité ou encore l’étude YCARE au sein d’AMU.Récemment, dans le cadre d’un classement mondial du niveau de reconnaissance et de mise en place de politique publique à destination des jeunes aidants, la France a été classée comme pays émergent soulignant ainsi la prise en compte progressive de cette population dans notre pays (Leu et al., 2022). Un levier d’action possible pour poursuivre cette reconnaissance est le déploiement de recherches interdisciplinaires coordonnées autour d’une perspective de sensibilisation à destination du public (Chevrier, Lamore, Untas, et al., 2022). Dans ce contexte et en réponse à l’appel à projets CRISIS, nous proposons la réalisation de 4 séminaires pluridisciplinaires thématiques autour de cette question. Ces séminaires visent à asseoir et poser un cadre structuré autour d’une collaboration interdisciplinaire émergente impliquant des chercheurs universitaires en droit, économie, psychologie, santé publique, science du langage et sociologie, des acteurs du milieu socio-économique et du milieu associatif.

Dates des séminaires : 

  • 6 février 2023 – Qu’est-ce qu’un aidant ? 
  • 13 mars 2023 – Place de l’aidance dans la famille
  • 22 mai 2023 – Santé et bien-être des étudiants aidants 
  • 8 septembre 2023 – Identité et besoins des étudiants aidants

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