Programmes de recherche

Equipe 1 Développement cognitif, émotionnel et social

Les projets engagés par cette équipe s’articulent autour de deux programmes : Compétences cognitives et communicationnelles et Troubles du développement et handicaps. Les projets abordent l’étude des compétences cognitives et sociales, et plus spécifiquement les compétences attentionnelles, mnésiques, communicatives, interactives, perceptives, motrices, étudiées à la fois chez l’enfant au développement typique et atypique (notamment l’enfant porteur de trisomie 21 et d’autisme). Ces études concernent, à la fois, des travaux de recherche fondamentale et appliquée.

Programme 1 : Compétences cognitives et communicationnelles

Les projets engagés dans ce programme concernent l’analyse du fonctionnement et de l’évolution avec l’âge de compétences cognitives ou communicationnelles repérées comme centrales dans le développement de l’enfant :

(a) L’ontogenèse du geste de pointage chez le jeune enfant, envisagé ici dans ses différentes dimensions (forme, fonction, contexte). Cette problématique, qui relie la gestualité communicative au développement du langage, sera également abordée dans une perspective comparative chez le primate non-humain.

(b) Le développement de la maîtrise de l’attention contrôlée sera étudié chez l’enfant et chez l’adulte expert, avec un intérêt particulier pour la spécialisation hémisphérique qui pourrait sous-tendre cette capacité.

(c) Le développement chez l’enfant de sa capacité de traitement en mémoire de travail, avec un intérêt particulier pour l’influence de cette capacité sur les progrès du raisonnement.

Projet 1.1. Développement des gestes communicatifs et relations avec le langage

Les gestes communicatifs et leur rôle dans le développement du langage et dans la cognition en général ont fait l’objet de plusieurs travaux (pour une synthèse : Goldin-Meadow, 2003 ; Rowe & Goldin-Meadow, 2009). Nos projets proposent une approche intégrée du développement du geste communicatif de pointage incluant sa forme, sa fonction et sa latéralité. Ce développement sera mis en relation avec celui du langage étudié directement (échelle de Brunet-Lézine) ou indirectement (à l’aide du compte-rendu parental comme le MacArthur).

L’ensemble des études contribuera également à mieux comprendre les liens entre les mouvements d’atteinte des objets de l’environnement et les activités communicatives de pointage pour ces mêmes objets.

Projet 1.2. Approche comparative du rôle de la spécialisation hémisphérique dans la maîtrise des mécanismes attentionnels chez l’enfant et l’adulte expert

La maîtrise de l’attention contrôlée constitue une étape indispensable dans le développement. En effet, ce mécanisme attentionnel facilite, accélère et optimise le traitement des informations auditives et visuelles. Jusqu’à l’âge de 9 ans, les enfants éprouvent des difficultés à maîtriser cette attention contrôlée dans des tâches auditives de type écoute dichotique, probablement en raison d’une maturation tardive de l’hémisphère spécialisé dans la gestion des ressources attentionnelles (Wainwright & Bryson, 2005).

Projet 1.3. L’influence de la capacité de traitement en mémoire de travail sur le développement du raisonnement chez l’enfant

La Théorie de la Complexité Relationnelle (TCR) envisage l’évolution avec l’âge de la capacité de traitement en mémoire de travail comme l’un des déterminants majeurs des progrès du raisonnement chez l’enfant (Halford & Andrews, 2004). Dans le cadre de la TCR, cette dimension de la mémoire de travail est opérationnalisée par le nombre de variables qui parviennent à être intégrées au sein d’un même modèle mental.

Dans une perspective de recherche comme dans une perspective d’évaluation, il serait utile de disposer d’une épreuve permettant la mesure individuelle de cette capacité. Les travaux conduits durant le précédent quadriennal nous ont permis de montrer que l’épreuve du « carré latin » proposée par Birney, Halford & Andrews (2006) ne permettait pas d’atteindre cet objectif car l’adoption de stratégies de raisonnement spécifiques permet de réduire la complexité relationnelle des problèmes proposés. De ce fait, notre projet s’articule autour du développement d’une nouvelle épreuve : RILAT (Relationnal Integration Level Assessment Task). L’objectif sera dans un premier temps d’en éprouver la validité conceptuelle et empirique puis de l’utiliser pour mettre à l’épreuve les prédictions de la TCR relatives à l’influence de la capacité de traitement sur le raisonnement et son développement auprès d’enfants et d’adolescents tout venant et aux développements troublés.

Programme 2 : Troubles du développement et handicaps

Ce programme a pour objectif d’étudier différentes fonctions dont le rôle est fondamental dans le développement de l’enfant : perceptions, actions motrices, imitations, émotions, fonctions exécutives. Ces fonctions contribuent largement à l’adaptation de l’enfant à son environnement physique (monde des objets) et social (monde des personnes et milieu scolaire). Si le développement spécifique de ces fonctions vient à être perturbé ou retardé dans le cadre d’une pathologie de l’enfant, comme c’est le cas dans les troubles du développement (TED, autisme, T21) ou les troubles moteurs (trouble de l’acquisition des coordinations), alors le développement cognitif, social, et émotionnel sera fortement affecté. Il est donc pertinent de procéder, d’une part, à l’exploration fine de ces fonctions dont le développement est atypique, retardé ou déviant (soit en hypo- soit en hyper-fonctionnement), pour pouvoir, d’autre part, proposer des applications thérapeutiques pour tenter de remédier aux dysfonctionnements. C’est la visée des trois projets proposés.

Projet 2.1. Inclusion d’élèves porteurs de handicaps : apprentissages et pratiques enseignantes

La Loi du 11 février 2005 pour « l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées » fait évoluer les politiques scolaires de l’intégration vers l’inclusion et affirme le changement de conception du handicap, du modèle médical centré sur l’individu, à un modèle multifactoriel définissant la situation de handicap à l’interface des facteurs personnels et environnementaux (Plaisance, 2007 ; Rivard & Forget, 2006). La scolarisation en milieu ordinaire est désormais un droit. Ce nouveau contexte amène à interroger plusieurs dimensions du processus d’inclusion. Dans le cadre de ce projet, 3 voies de recherche seront explorées.

  • Pratiques professionnelles et représentation des enseignants.
  • Pratiques pédagogiques d’aide et développement cognitif.
  • Impact de l’inclusion d’élèves porteurs de handicap sur les représentations des autres élèves.

Projet 2.2. Motricité fine, trisomie 21, et trouble de l’acquisition des coordinations

Ce projet concerne les difficultés d’acquisition d’habiletés manuelles rencontrées par les enfants et adultes porteurs de trisomie 21 (T21) et les enfants présentant des troubles de l’acquisition des coordinations (TAC). Les travaux portant sur des tâches réalisées sur une tablette graphique permettront de répondre à 3 questions.

 

  • Altérations de l’écriture et production écrite chez des enfants et des adultes porteurs de T21.
  • Contrôle de la motricité manuelle chez des enfants porteurs de T21.
  • Contrôle postural et contrôle moteur chez des enfants atteints de TAC.

Projet 2.3. Autisme, communications et interactions sociales

Les personnes autistes ont des difficultés d’interaction et de communication sociales dues en partie à des défauts du traitement perceptif des informations sensorielles (Mottron et al., 2006). Par ailleurs, toute interaction communicative entre partenaires demande des ajustements réciproques reposant sur des compétences sociocognitives qui touchent à des domaines particulièrement affectés chez l’enfant autiste : cohérence centrale, théorie de l’esprit et fonctions exécutives (Valeri & Speranza, 2009).

Dans le cadre de ce projet, les travaux poursuivent un triple objectif : améliorer la connaissance des compétences socio-cognitives des enfants autistes ; évaluer l’effet de moyens destinés à pallier leurs difficultés de traitement des informations sensorielles en contexte ; étudier l’impact du contexte socio-familial sur leur trajectoire développementale.

 

  • Autisme et compétences communicatives en contexte naturel ou expérimental.
  • Autisme et traitement des informations sensorielles de l’environnement.
  •  Impact du contexte socio-familial sur le dépistage, le diagnostic et une prise en charge pertinente des personnes autistes.

Equipe 2 Cognition, émotion et expertise

Le point d’ancrage des deux programmes qui seront conduits dans cette équipe concerne l’étude de la cognition et des émotions dans des contextes diversifiés, dans lesquels l’expertise constitue un facteur déterminant des variations observées. La cognition est abordée sur la base des connaissances et des processus qui permettent la prise de décision et la réalisation de traitements dans des tâches de conception de textes ou de produits, de gestion d’environnements dynamiques, et de counseling dans les champs de la formation et de la santé. Ces activités seront étudiées en fonction de facteurs endogènes (comme le niveau d’expertise ou les différences individuelles) et de facteurs contextuels (comme les contraintes temporelles ou les types de supports ou de dispositifs utilisés). Les relations entre cognition et émotion seront analysées afin de mieux comprendre, notamment, les traitements engagés dans l’activité rédactionnelle et les régulations émotionnelles développées au cours d’événements stressants.

Programme 3 : Conception, décision, langage

La plupart des activités cognitives réalisées dans des cadres professionnels ou scolaires implique une prise de décision de la part des individus. C’est le cas notamment pour la production de texte et l’écriture, pour la conception de produits ou pour la gestion d’environnements dynamiques. Ainsi, ce programme propose 5 projets de recherche ayant pour objectif de déterminer les facteurs influençant la prise de décision des individus lors de la réalisation de ces activités. Les deux premiers projets s’intéresseront à l’impact des émotions, de l’expertise et du support d’écriture sur les choix opérés en production écrite. Un autre projet étudiera les processus cognitifs (réalisation d’analogies, gestion des contraintes) mis en œuvre lors des choix effectués dans le cadre d’activités de conception créatives ainsi que l’impact de l’utilisation de dispositifs technologiques sur ces activités. Le dernier projet concernera l’étude des facteurs (horaires de travail, âge, expertise, stratégies opérationnelles, contraintes temporelles) qui peuvent influencer les processus cognitifs impliqués dans la gestion individuelle ou collective d’environnements de travail dynamiques (pilotage de drone, contrôle aérien, conduite de réacteurs nucléaires), et qui sont responsables de la prise de décision dans des environnements dynamiques.

Projet 3.1. Production de textes : composantes cognitives et émotionnelles

La seule prise en compte de l’architecture cognitive et de ses contraintes conduit à une conception trop limitative et réductionniste des traitements engagés dans l’activité rédactionnelle. La question est de savoir en quoi des contraintes de type émotionnel (Russel, 2003), qu’elles proviennent des dispositions affectives des rédacteurs (appréhension à écrire : Daly, 1985 ; Piolat & Bannour, 2009), du thème à propos duquel ils doivent s’exprimer (écriture expressive : Pennebaker et al. 2003 ; humour : Martin, 2007 ; Aillaud, Piolat, & Desor, 2010 ; dilemme moral : Greene et al. 2008 ; Latchimy, Piolat & Arciszewski, 2010) ou du support de production (papier vs ordinateur : Lavie & Tractinsky, 2004 ; Piolat & Bonnardel, 2006) affectent ou soutiennent les processus rédactionnels (planification, mise en texte, révision ; Kellogg, Olive & Piolat, 2007).

A cet effet, seront mis en relation le décours de l’activité (analyse chronométrique de la composition écrite), les stratégies rédactionnelles et le contenu de leurs écrits, y compris le contenu émotionnel (Piolat & Bannour, 2009), ainsi que les possibilités attentionnelles.

Projet 3.2. Nouveaux contextes d’écriture

L’objectif des recherches est de travailler sur les nouveaux contextes d’écriture, en explorant la façon dont les compétences à l’écrit évoluent selon l’expertise langagière (en comparant par exemple l’écrit en langue première et en langue seconde), et selon le type de supports utilisés (traitements de textes, bases de données et systèmes d’aides informatisés, SMS, blogs).

Plusieurs thèmes sont ainsi abordés :

– Les pratiques quotidiennes et informelles à l’écrit, via les technologies (SMS, blogs) et les liens qu’il est nécessaire d’envisager sur le plan scolaire, voire professionnel ;

– L’analyse en temps réel des processus sous-jacents à la gestion de l’information écrite, selon la nature et la complexité de l’activité (prise de notes, recherche d’information, compréhension et production écrite; Barbier, Raby, Piolat & Roussey, 2008) ;

– L’usage, par les enseignants, des différents supports de communication écrite dans le cadre de la classe en explorant ce que l’informatique offre comme perspectives spécifiques pour l’évaluation en temps réel de l’activité de l’élève et le repérage des difficultés à l’écrit (Barbier & Jullien, 2009 ; Spelman Miller, 2005 ; Van Waes, Leijten & Daphne, 2009).

Projet 3.3. Les activités créatives

Le processus créatif peut se manifester dans des situations variées, allant de domaines artistiques à des domaines techniques, et il est influencé par des facteurs cognitifs, conatifs, émotionnels et environnementaux (Lubart & Sternberg, 1995). Nous étudierons l’effet de plusieurs de ces facteurs dans des situations telles que la conception de produits ou la conception architecturale, qui requièrent la prise en compte de contraintes multiples (liées à l’utilisateur, techniques, etc. ; Chevalier & Bonnardel, 2007) tout en laissant aux concepteurs une part importante de créativité (Maher, Bonnardel & Kim, 2010).

L’un des objectifs sera d’approfondir, au moyen d’études expérimentales auprès de professionnels et d’étudiants en design, le fonctionnement de deux principaux processus cognitifs interagissant tout au long des activités de conception créatives (Bonnardel, 2006) : (1) la réalisation d’analogies qui peut, dans certaines conditions, favoriser un élargissement de l’espace de recherche d’idées, et (2) la gestion de contraintes qui permet de circonscrire progressivement l’espace de recherche.

Le déroulement du processus de conception dépendant de facteurs environnementaux ainsi que du contexte (Gero & Smith, 2009), les recherches réalisées viseront également à déterminer l’impact de nouveaux dispositifs techniques, tels les systèmes d’aide à la conception créative (Bonnardel, 2009 ; Bonnardel & Zenasni, 2010), sur l’activité de concepteurs professionnels ou débutants.

Projet 3.4. Gestion individuelle et collective des environnements dynamiques

L’objectif de ce projet est d’explorer les effets des caractéristiques d’un environnement dynamique de travail et de l’organisation du travail sur les processus cognitifs mis en jeu lors de la gestion d’un environnement dynamique. Les caractéristiques de l’environnement dynamique seront définies selon les critères proposés par Cellier, Keyser, et Valot (1996). Les facteurs considérés seront établis après une analyse de l’activité des opérateurs dans plusieurs situations de travail. En principe, les compétences requises pour la gestion d’un environnement dynamique sont le traitement de l’information, la compréhension de l’information et la comparaison des données actuelles avec les données passées permettant la planification et la prise décision concernant les actions et les interventions à initier. En même temps, la gestion d’environnements dynamiques, et en particulier le contrôle de processus, implique presque toujours une supervision continue obligeant des opérateurs à être sur site sur l’ensemble des 24 heures et à travailler en équipe. Ainsi, deux sous-projets se distingueront, l’un étudiant les facteurs organisationnels influençant les processus cognitifs, et l’autre s’intéressant aux aspects collectifs.

(1) Organisation du travail et environnements dynamiques

(2) La gestion collective de situations dynamiques

Programme 4 : Différences individuelles,régulation, counseling

Dans ce programme,  la cognition et l’émotion sont abordées sous l’angle des différences inter et intra-individuelles, le domaine d’expertise étant le counseling dans le champ de la santé et de la formation. Le point commun des trois projets présentés ci-dessous est d’opérer une articulation entre les différences individuelles dimensionnelles et les processus de régulation. Cette démarche permet de s’appuyer sur des modèles structuraux robustes tout en dépassant les simples constats de différences, ces dimensions étant analysées d’un point de vue fonctionnel. Elle s’inscrit dans le modèle des processus vicariants (Reuchlin, 1999), initialement applicable  au domaine cognitif, étendu ici à l’étude des émotions et des relations entre cognition et émotion.

Projet 4.1. Différences individuelles et régulation dans le domaine cognitif

Ce projet a pour thème l’étude de la variabilité processuelle observée en situation de résolution de problèmes et d’apprentissage chez l’adulte. Il poursuit deux objectifs principaux. Le premier concerne l’étude du rôle de la variabilité intra-individuelle, au niveau des processus créatifs en jeu, dans la découverte de solutions nouvelles en situation de résolution de problème. L’objectif est de mettre en relation la forme des trajectoires individuelles dans l’espace problème avec des variables dimensionnelles comme la mémoire de travail ou l’intelligence fluide. Cette approche nécessite la mise au point de méthodologies expérimentales et statistiques permettant de considérer simultanément la variabilité sous ses différents aspects : interindividuelle, inter-situationnelle et intra-individuelle (Van Geert, 2002).

Le second objectif concerne l’étude des relations qu’entretiennent les processus de contrôle et de régulation avec les dimensions classiques de la psychologie différentielle cognitive (intelligence et aptitudes), aux niveaux inter et intra-individuels. Une attention particulière sera portée à l’étude des aptitudes mnésiques par le biais du rôle de la méta-mémoire (Fort, 2005). Outre les connaissances du sujet sur le fonctionnement général de la mémoire et l’évaluation de ses propres aptitudes, la méta-mémoire comporte en effet des processus de contrôle et de régulation susceptibles d’exercer une influence sur les performances. Ces processus seront donc étudiés pour localiser d’éventuels déficits survenant au cours du développement vie entière (Dunlosky & Hertzog, 2000).

Projet 4.2. Dynamique des régulations émotionnelles

Ce projet de recherche porte sur les dynamiques émotionnelles observées au niveau individuel en situations écologiques quotidiennes (questionnaires quotidiens), expérimentale (induction émotionnelle) ou dans des situations avec des enjeux de santé (douleur chronique, diagnostic génétique). Il s’agira de déterminer les facteurs facilitant ou entravant l’efficacité des stratégies de régulation émotionnelle (Mikolajczak et al., 2006).

L’objectif est d’étudier les relations entre ces dynamiques et des variables dispositionnelles plus générales (Nezlek, 2007) afin de mieux comprendre les différences interindividuelles au niveau de la régulation émotionnelle avec des perspectives d’application dans le domaine de la santé.

Ce projet comporte 2 volets. Le premier vise à étudier l’adéquation entre la perception des émotions du point de vue physiologique et subjectif, notamment lorsque les sujets présentent un trouble de la régulation émotionnelle telle que l’alexithymie ou des réponses émotionnelles pathologiques. Le second a pour objectif l’étude des variations inter et intra-individuelles quant à l’efficacité des stratégies de régulation émotionnelle, en interaction avec des variables telles que l’anxiété, l’intelligence émotionnelle, l’alexithymie ou l’intensité affective (Luminet et al., 2007 ; Fantini-Hauwel, 2009, 2010). Un rapprochement entre la perception des réponses physiologiques de l’émotion et la perception subjective de l’intensité de l’émotion, chez des sujets présentant des troubles de la reconnaissance et de l’expression des émotions, pourrait représenter une perspective de compréhension intéressante des réponses émotionnelles dysfonctionnelles au cours d’événement stressants.

De plus, les processus observés sont intrinsèquement dynamiques et une part des efforts de recherche sera orientée vers le développement de méthodes statistiques d’analyse des données spécifiques (Boker & Wenger, 2007).

Projet 4.3. Différences individuelles et régulation cognitivo-émotionnelle

L’axe commun aux recherches envisagées dans ce projet est l’étude des relations entre cognition et conation, sur le plan structural (intelligence et personnalité ; Ackerman & Heggestad, 1997) et fonctionnel (mécanismes d’inter-régulation), avec de fortes perspectives d’application en counseling d’orientation et d’insertion. Les opérations engagées ou envisagées sont principalement menées avec des collègues étrangers :

  •  Évaluation du complexe anxio-dépressif (Lovibond & Lovibond, 1995) et impact sur le fonctionnement de la mémoire de travail ; application pour un programme de prise en charge en milieu scolaire mauricien (thèse S. Ramasawmy et en collaboration avec Richard Hicks, Bond University, Australia)
  • Recherche de dimensions cognitives et conatives explicatives de l’adaptation des étudiants à l’université et application dans le cadre d’une « Cordée de la réussite » (collaboration avec Catherine Rouyer, CeFoCOP Université de Provence et Maxine Wintre (Wintre et al., 2009), York University, Toronto, Canada)
  •  Modélisation des conduites de recherche d’emploi (Saks, 2006) et dimensions associées (collaboration avec Marc Corbière, Université de Sherbrooke, Longueuil, Qc, Canada ; Corbière et al., 2010). Les variables retenues sont issues de la méta-analyse de Kanfer, Wanberg et Kantrowitz (2001), de la théorie du comportement planifié (Ajzen, 1985) et de la théorie socio-cognitive (Bandura, 2003). Le but est d’identifier les concepts les plus pertinents pour concevoir des dispositifs d’accompagnement originaux
  •  Recherche de dimensions cognitives et conatives (aptitudes visuo-spatiales, capacités attentionnelles, coping, traits de personnalité) cruciales pour exercer le métier d’opérateur de drones (thèse de S. Duvillard)
  •  Étude du rôle de l’auto-efficacité dans le vieillissement mnésique, supposée exercer un effet délétère sur les processus de régulation et en conséquence sur la performance observée (Fort, Rossi, Léoville, 2010).